OGM : l’Afssa rend enfin son avis sur l’étude autrichienne de Velimirov

Après quatre mois d’allers-retours entre les différents experts de l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa), Pascale Briand, sa directrice, a enfin rendu public son avis concernant l’étude de Velimirov et al., qui porte sur les effets biologiques du maïs transgénique MON NK603 x MON810 sur l’appareil reproductif des souris. L’avis de l’Afssa, qui confirme celui de l’agence européenne de sécurité des aliments (Efsa) validé lors de la réunion du 29 janvier 2009, relève les multiples erreurs commises par l’équipe autrichienne. « Une étude dont les résultats n’ont pas été soumis aux critiques du comité de lecture d’une revue scientifique » ; « un protocole mis en œuvre dans l’étude qui ne respecte pas le protocole officiel défini par les équipes du National Toxicology Program » ; « un choix d’une population d’animaux qui n’apparaît pas suffisant pour démontrer un effet sur les fonctions de reproduction » ; « plusieurs erreurs de calcul » ; « une composition chimique des différents maïs qui fait apparaître des différences non négligeables sur des composés décrits dans la littérature comme étant impliqués dans le fertilité des animaux » : bref, essentiellement ce que le lecteur d’Agriculture & Environnement a pu lire dans l’article publié en février 2009, intitulé Une étude non convaincante.

L’avis de l’Afssa sera-t-il suffisant pour écarter les craintes formulées par Dominique Voynet dans son courrier adressé à Michel Barnier en novembre dernier, c’est-à-dire dès les premiers jours de la publication officielle de l’étude autrichienne ? «  Les résultats, récemment rendus publics, d’une étude autrichienne sur la consommation de maïs génétiquement modifié MON 810 – NK 603 par des souris confirment un peu plus les risques d’effets reprotoxiques des plantes OGM », avait-elle affirmé… à tort.

Pour sa part, Le Canard Enchaîné avait cancané un peu trop rapidement. Ironisant sur l’Efsa, « qui avait déclaré urbi et orbi que ledit maïs était inoffensif pour la santé », l’hebdomadaire avait dégainé… l’étude autrichienne, qui « n’a pas été bricolée sur une paillasse par une bande d’écolos forcément irresponsables, […] mais à la demande du ministère de la Santé autrichien ». Mais, justement, c’est bien parce que l’étude avait été commanditée par le ministère très anti-OGM de la Santé autrichien que l’hebdomadaire satirique aurait dû faire preuve de plus de prudence avant d’endosser aveuglément les conclusions d’une étude aussi peu rigoureuse…

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