Regard d’un adepte de l’écologie par en bas

S’inspirant d’un « très éclairant petit livre »  [[Les deux âmes de l’écologie (L’Harmattan 2008 ), 100 p., 11 €.]] rédigé par le politologue Romain Felli, Jean-Luc Porquet rappelle, dans un article paru dans Le Canard Enchaîné du 16 septembre 2009, qu’il existe « deux écologies » : « La première, l’écologie “par en haut”, suit une “logique centralisatrice, élitiste ou planificatrice”. C’est celle qui a abouti à la notion fourre-tout, et aujourd’hui hégémonique, de “développement durable”. L’autre, l’écologie “par en bas”, suit une “logique décentralisée, radicale, autogérée”. C’est celle que défendaient René Dumont, Ivan Illich et consorts ».

Le journaliste s’efforce ensuite d’expliquer en quatre points pourquoi ces « deux visions de l’écologie ne se complètent pas : elles s’opposent » :

1- L’écologie par en haut « nie les divisions politiques » et « rend tout le monde, sans distinction, responsable de la dégradation de la planète », tandis que l’écologie par en bas veut d’abord changer « la société industrielle de croissance, qui conduit les hommes à ne plus maîtriser leur environnement, leurs outils et leurs productions ».

2- L’écologie par en haut « consacre la victoire absolue du technocrate, du scientifique, de l’expert », alors que l’écologie par en bas y oppose « les sciences humaines, dont les conclusions sont toujours incertaines et discutables ».

3- L’écologie par en haut a confiance dans l’homme : « elle croit qu’on finira bien par trouver une solution » : « fabriquer des voitures qui consomment moins, emprisonner le CO2 dans le sous-sol, etc. », alors que l’écologie par en bas affirme que « vouloir apporter des solutions techniques à la crise environnementale, ce n’est que renforcer la logique du système qui a précédé sa mise en oeuvre ».

4- L’écologie par en haut compte sur l’Etat alors que l’écologie par en bas se construit contre l’Etat.

Au final, l’écologie par en haut « défend la croissance et promet que le développement durable permettra de préserver les modes de vie contemporains et les rapports de production actuels ». C’est précisément ce que combat l’autre écologie, qui estime que « le développement durable laisse intact le pouvoir de nuisance du système industriel », et surtout qui « prône le partage, la réduction du temps de travail et une certaine austérité ».

Grand admirateur et exégète de Jacques Ellul, Jean-Luc Porquet a pour sa part choisi son camp : celui de l’écologie par en bas, que l’on appelle aussi « écologie politique ».

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