Ridicules gesticulations contre les « OGM cachés »

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Selon plusieurs documents internes, la Confédération paysanne et le collectif Combat Monsanto préparent des actions afin de dénoncer les « OGM cachés ». « Dans le plus grand silence (…), les Organismes génétiquement modifiés (OGM) ont envahi nos champs », indique le collectif dans une note de trois pages, à l’intention de ses « partenaires ». Le document précise que « ces OGM dits “cachés” sont principalement du colza et du tournesol, plus marginalement des endives et du maïs ». La Conf’ et le collectif Combat Monsanto entretiennent ainsi la confusion, en assimilant toutes les techniques de modifications génétiques (notamment la mutagénèse, considérée en effet par la directive 2001/18 comme OGM) avec les plantes génétiquement modifiées par transgénèse.

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Une première action débutera le 14 janvier prochain dans le Maine-et-Loire, à l’initiative du syndicat paysan, contre une endive commercialisée par Vilmorin, ainsi que le révèle l’un de ces documents. À partir du 18 janvier, à Paris puis à l’échelle nationale, des opérations d’« étiquetage en supermarchés de produits susceptibles de contenir des OGM cachés » seront organisées par Combat Monsanto, qui devraient tout naturellement obtenir le renfort des Faucheurs Volontaires, en mal d’activités militantes depuis l’interdiction de la culture des OGM transgéniques en France, il y a déjà plus de dix ans.

Prise d’un délire paranoïaque, la Conf’ écrit : « Nous allons interpeller Limagrain-Vilmorin et les pouvoirs publics complices sur cette fraude qui nous confisque notre autonomie paysanne et introduit à notre insu des endives OGM sur le marché, y compris en agriculture biologique. » Le syndicat de Bagnolet reconnaît ainsi qu’il y a bien des OGM – toujours selon la définition de la directive 2001/18 – dans les magasins bio. En fait, toujours selon le syndicat, une bonne partie de notre alimentation serait déjà constituée de plantes génétiquement modifiées. Dans un texte daté de 2015, Guy Kastler, membre de la commission OGM de la Conf’, avait déjà admis, à propos des plantes génétiquement modifiées par les techniques de mutagénèse, qu’« il ne peut être question de les interdire toutes du jour au lendemain ». Et pour cause, précise-t-il : « Nous perdrions immédiatement tous les colzas et tournesols oléiques ou tous les riz français existants, de nombreux légumes, céréales… » En fin de compte, ce que révèlent les campagnes de ces militants, c’est surtout qu’il y aurait partout des « OGM cachés », même en bio, sans que l’on voie le début du commencement de la moindre apocalypse génétique telle qu’annoncée par les militants anti-OGM.

La Conf’, tout comme Combat Monsanto, qui « réclam(e) l’étiquetage systématique et rigoureux des produits contenant des OGM cachés, c’est-à-dire l’application immédiate de la directive européenne 2001/18 », se lancent donc dans une bien périlleuse campagne. En effet, quelle serait la réaction du syndicat paysan, si d’aucuns décidaient de riposter en faisant fleurir massivement cet étiquetage « OGM » dans les magasins Biocoop, Naturalia, La Vie Claire et autre Bio c’ Bon, alors qu’ils prétendent tous autant qu’ils sont ne commercialiser que des produits « garantis sans OGM » ?

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