AccueilDécryptageRéhomologation du glyphosate : une excellente nouvelle pour l'agriculture et un échec...

Réhomologation du glyphosate : une excellente nouvelle pour l’agriculture et un échec pour E. Macron

Bonne nouvelle pour l’agriculture française. Finalement, la Commission européenne a décidé de suivre ce que souhaitait une majorité d’États membres, en l’occurrence 17 pays sur les 27 que compte l’Union européenne, c’est-à-dire une réhomologation pour 10 ans du désormais fameux glyphosate. 

Un revers cuisant pour la nébuleuse écologiste

Alors, c’est évidemment un revers majeur pour la nébuleuse écologiste, qui s’est mobilisé jusqu’au dernier jour, sortant de son chapeau ici un rapport alarmant, là une déclaration anxiogène d’un pseudo-expert, le tout sans surprise avec le soutien complaisant de certains journalistes, notamment au sein de la rédaction du Monde. Et après l’annonce de cette réhomologation, on a assisté à un déferlement de propos totalement ineptes, reprenant les pires mensonges concernant ce produit, avec comble du ridicule, encore une fois, la thèse complotiste de l’hyperpuissance du lobby des pesticides. Sans parler du ministre de la Transition écologique Christophe Béchut, qui a qualifié cette réhomologation de « dinguerie ». Soyons clairs, et je le redis encore une fois : la décision de la Commission est conforme au souhait d’une large majorité des États membres, puisque seulement trois d’entre eux, l’Autriche, le Luxembourg et la Croatie, ont souhaité l’interdiction du glyphosate.  Mais c’est aussi un revers pour le président Macron, embourbé dans une sorte de jeu de théâtre, enfin plutôt une sorte de vaudeville, dont il a l’habitude. 

Vote pour le renouvellement du glyphosate pour 10 ans par une majorité d'états membres

La Commission européenne a décidé de suivre ce que souhaitait une majorité d’États membres, en l’occurrence 17 pays sur les 27 que compte l’Union européenne

— Lire aussi :
Glyphosate :  il n’y a pas de risque pour la santé et l’environnement 

Ainsi, le président a prétendu vouloir ne pas empêcher la réhomologation du glyphosate afin de ne pas laisser le monde agricole sans solution, et en même temps, imposer au reste de l’Union européenne les restrictions d’usage que la France a déjà imposées à ses agriculteurs. Et ceci afin de satisfaire son électorat à la fibre écologiste.  S’il avait réussi, il aurait ainsi pu faire valoir qu’il aurait agi pour l’environnement et en même temps pour les agriculteurs. Sauf que la France s’est retrouvée seule devant la Commission, aucun autre pays de l’Union souhaitant suivre la voie tracée par Macron. Résultat, le gouvernement français a déçu son électorat écologiste, qui comptait sur lui pour imposer une interdiction, et en même temps, il a trahi les agriculteurs en refusant de prendre une décision basée sur l’expertise scientifique de nos agences sanitaires, la française et l’européenne. Et ce n’est pas tout. 

Une réhomologation pour 10 ans mais…

Le glyphosate est maintenant réhomologué pour 10 ans pour l’ensemble des agriculteurs européens, mais avec des restrictions plus sévères en France que dans tous les autres pays. Or, le gouvernement français reconnaît implicitement que les alternatives au glyphosate pénalisent nos agriculteurs, puisqu’il admet qu’elles entraînent une distorsion de concurrence, et cela sans l’assurance d’avoir un meilleur impact pour l’environnement. Comme le souligne la FNSA, la balle est maintenant dans le camp de la France. Car si le gouvernement veut être fidèle à ses engagements pris au dernier salon de l’agriculture, c’est-à-dire respecter le cadre européen et rien que le cadre européen, il lui revient de revenir sur ces restrictions qui plombent notre agriculture.

Pour aller plus loin :
Derniers articles :

Dans la même rubrique

Le prêt-à-cuisiner et le prêt-à-manger : les grand défis de demain / Analyse

Le consultant en grande consommation et agro-alimentaire Philippe Goetzmann propose une analyse qui balaye les idées reçues sur cette question, et explique l’un des...

En ce moment

Restez informer en recevant régulièrement

La Newsletter A&E