La Confédération paysanne jugée « incompétente en matière d’OGM »

La destruction de l’essai de Biogemma par un petit groupe de militants proche de la Confédération paysanne est-elle un acte de vengeance, conséquent au jugement du Tribunal Administratif de Clermont-Ferront, qui mettait en lumière « l’incompétence » du syndicat de José Bové, au sujet des OGM ?

Dans la nuit du 27 au 28 août, un petit groupe d’activistes a saccagé ce qui restait de l’essai de la parcelle d’Antoingt (Puy-de-Dôme), mis en place par la société Biogemma. Cet essai avait déjà fait l’objet d’une destruction partielle, le 3 juillet dernier, par le même groupe de militants. Suite à cet acte de vandalisme, on peut se poser deux questions :

Premièrement : Qu’est-ce qui motive réellement celles et ceux qui ont opéré cette destruction ? S’agit-il d’un pur acte de vengeance suite au rejet par le Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand, le 4 août dernier, de la requête déposée par la Confédération paysanne ? Après plus de trois heures d’audiences et de débats, le juge a en effet non seulement reconnu l’absence de risque que constituaient ces essais, mais aussi et surtout l’incompétence de la Confédération paysanne en la matière. Pour le Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand, la Confédération paysanne « n’a versé, au cours de l’instruction, aucune étude scientifique nouvelle et objective de nature à contester utilement les arguments présentés en défense ». De plus, elle n’a établi « ni l’existence d’un préjudice économique subi par les exploitants agricoles voisins promouvant une agriculture biologique ou traditionnelle, ni la probabilité de la survenance d’une pollution génétique susceptible d’altérer la qualité du miel garanti « sans OGM ». En second lieu, les magistrats ont souligné l’intérêt public de ce type de programmes de recherche : considérant « que le souci d’accélérer la précocité de la floraison de certains organismes végétaux, de façon à rendre ces derniers plus résistants aux changements environnementaux, et donc à améliorer leur qualité biologique et nutritionnelle, répond aux objectifs fondamentaux assignés par l’article L. 830-1 du code rural à la recherche agronomique », ils estiment que l’essai « doit donc également être qualifié d’intérêt public ».

Deuxièmement : Que font les pouvoirs publics ? Hormis prendre, quand l’occasion s’y prête, quelques photos, la France – cinquième puissance économique mondiale et membre permanent du Conseil de Sécurité des Nations unies – n’a-t-elle pas les moyens de mettre un terme à ce type de vandalisme ? Faudra-t-il que les propriétaires des essais détruits se portent partie civile contre l’Etat pour que les chercheurs obtiennent les moyens de réaliser jusqu’à leur terme leurs expérimentations scientifiques ?

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