Le candidat John McCain prône la réduction des subventions agricoles

« Laisser faire le marché » : telle est encore et toujours la devise du candidat républicain à l’élection présidentielle, John McCain. Ce dernier souhaite supprimer certaines aides aux agriculteurs, notamment les paiements anticycliques. C’est en tout cas ce qui ressort de son programme agricole, « Prospérité pour l’Amérique rurale », disponible sur son site.

Selon ce document, « John McCain reconnaît que l’agriculture est l’un des plus gros atouts stratégiques de l’Amérique ». Le programme détaille dix « points clés », au premier rang desquels figurent des mesures pour « favoriser les marchés agricoles et réduire les barrières tarifaires », ainsi que pour « encourager les investissements dans les technologies et l’infrastructure rurale ». En clair : assurer la compétitivité de l’agriculture américaine « sur le marché global » grâce à l’innovation et à l’ouverture des marchés. Le sénateur de l’Arizona estime que les subventions « faussent le marché et augmentent artificiellement les prix pour les consommateurs ». Le dispositif actuel de paiements anticycliques accordés aux producteurs de grandes cultures serait, selon les termes du candidat, « désuet », car il ne répond plus à la « complexité » des marchés actuels. John McCain lui préfère « un programme de gestion des risques reflétant les réalités du marché global ». « Je ne soutiendrai pas toutes les alternatives ou les tarifs douaniers qui restreignent la saine concurrence qui stimule l’innovation et réduit les coûts », avertit-il. Ce qui ne l’empêche pas de vouloir garder un filet de sécurité, notamment contre les aléas climatiques.

Concernant l’innovation, John McCain promet de « soutenir la révolution verte du XXIe siècle », entre autres grâce à des mesures de défiscalisation pour les sociétés qui investissent dans la recherche. « Les impôts fédéraux et la politique fiscale doivent permettre de créer et de protéger l’innovation », souligne le candidat, qui souhaite notamment développer davantage « les céréales à haut rendement, résistantes au stress, afin d’augmenter la productivité par hectare de l’agriculture américaine ».

Comme le note Jean-Christophe Debar dans le numéro de septembre d’AgriUS Analyse, « compte tenu des résultats très serrés des sondages, le vote du monde rural, le 4 novembre, pourrait être décisif ». Or, mi-septembre, de nombreux leaders des organisations et des administrations agricoles, traditionnellement démocrates, s’étaient plutôt prononcés en faveur de Barack Obama, dont le programme agricole ne promet pas de grande révolution.