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Touche pas à mes vacances bretonnes !

Six des vingt et un visuels de l’association France Nature Environnement (FNE), censés être affichés dans les stations de métro Odéon, Montparnasse et Saint-Lazare depuis le 15 février, ont été « recalés ». « Nous avons constaté que sur les trois thèmes, à savoir les pesticides, les OGM et les algues vertes en Bretagne, les visuels sur les algues vertes [bonnes vacances et arrêtez vos salades] n’ont pas été placardés », constate ainsi Yann Barthélémy, porte-parole de FNE. La RATP a en effet estimé qu’il ne fallait pas montrer un enfant dans une marée d’algues alors qu’un maïs transformé en revolver était parfaitement acceptable.

« L’on peut donc se demander pourquoi, et sous l’influence de quelles pressions, le groupe a pris cette décision unilatérale », s’interroge l’AFP dans une dépêche. La réponse est pourtant assez évidente. Il suffit de porter son regard vers le Conseil régional de Bretagne. Son président, Jean-Yves Le Drian, a immédiatement réagi, notant que cette campagne « a aussi pour résultat de dissuader l’attractivité touristique sous prétexte d’une dangerosité non vérifiée. Arrêtons de cultiver l’anathème ! Nous avons choisi de régler cette question avec pragmatisme, dans le dialogue, la transparence et l’honnêteté. Je ne peux laisser salir de cette manière l’image de notre région ». Pour sa part, le Comité régional du tourisme de la région Bretagne a porté plainte contre FNE. « L’initiative de FNE vient contrecarrer des efforts certains, même si ceux-ci ont trop tardé à venir », a indiqué son directeur, Michael Dodds, qui s’efforce à développer une image positive de la Bretagne, « comme ce qu’a fait l’Irlande pour le tourisme ». Autrement dit : on ne touche pas aux vacances bretonnes des Français !

Même Eau et Rivières de Bretagne, qui n’a pas été associée à cette campagne, déplore l’initiative de FNE dont elle est pourtant adhérente. Son président, Jo Hervé, a ainsi regretté par voie de presse « une absence de concertation préalable ». « Il faut se garder de porter atteinte aux équilibres patiemment construits et éviter toute forme de provocation qui conduit inévitablement à des surenchères », a-t-il indiqué, mettant en cause la stratégie de communication de l’agence de pub parisienne Médiaprism. Pour 170.000 euros, FNE n’a en effet eu droit qu’à une campagne – certes choc mais pas très chic – qui privilégie le sensationnel à la réflexion et qui joue sur la caricature.

« Ce budget comprend d’une part cette campagne publicitaire mais également un campagne pour un appel à cotisations, dont est également chargé d’organiser l’agence », relativise Yann Barthélémy. Bref, réalisés par l’équipe de Jean-Marc Gabon, directeur de création de l’agence, les visuels s’inscrivent aussi – voir surtout ! – dans une stratégie visant à sensibiliser les donateurs potentiels de FNE… Un pari qui n’est cependant pas gagné d’avance, et qui risque aussi de faire perdre d’autres sources de revenus à la fédération dont l’image de partenaire responsable est difficilement compatible avec les visuels de sa campagne.

 

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