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Pesticides : festival de fake news au Sénat

« Lutter contre le cancer, sortir des pesticides » : tel était l’intitulé du débat que le groupe écologiste avait inscrit à l’ordre du jour du Sénat, le 22 octobre. Ce fut surtout l’occasion d’y entendre un florilège de contrevérités, débitées par quelques sénateurs écologistes et socialistes.

Les paysans « développent plus de cancers que le reste de la population », assurait ainsi l’écologiste Mélanie Vogel, alors que la cohorte Agrican établit précisément l’inverse. Selon le socialiste Michaël Weber, l’acétamipride a été « retrouvé dans le cerveau d’enfants à la naissance ». Soit trois fake news en une seule phrase : il s’agit de traces d’un métabolite, pas de l’acétamipride ; de quatorze enfants de 3 à 18 ans soignés pour un cancer, pas de nouveau-nés ; de liquide céphalorachidien prélevé par ponction lombaire, pas de tissu cérébral. Tandis que son collègue Jean-Claude Tissot désignait les pesticides comme « une des causes principales » des cancers, quand le tabac en provoque à lui seul 68 000 par an et que le Centre international de recherche sur le cancer ne mentionne pas les pesticides parmi les treize facteurs de risque étudiés. Toujours selon le sénateur PS, une étude de l’Institut Pasteur au Pérou a établi que ce lien entre cancer et pesticides est « prouvé scientifiquement », alors que l’Institut en question évoque des pesticides qui « peuvent contribuer » à certains cancers. Quant à l’écologiste Anne Souyris, elle invoquait « 402 millions à 433 millions de cas d’empoisonnement aigu » par an chez les agriculteurs, un chiffre erroné issu d’une étude signée par quatre militants de l’ONG Pesticide Action Network. Et d’ajouter que l’Inserm ferait du glyphosate le « responsable » d’une hausse de 30 % à 45 % du risque de lymphome, alors que cette même expertise n’a conclu qu’à une « présomption moyenne ».

Ce ne sont là que quelques exemples parmi tant d’autres, et tous émanent de ces mêmes familles politiques qui, comble du ridicule, se posent en championnes de la lutte contre la désinformation. En mai 2025, l’écologiste Grégory Blanc lançait ainsi au Sénat, avec le socialiste Simon Uzenat, un groupe de suivi contre la désinformation climatique, « afin que l’on ne puisse plus dire n’importe quoi » dans les médias. Lors du débat du 22 octobre, Mélanie Vogel assurait que ses affirmations procédaient d’« une vérité scientifique », et Michaël Weber jurait que les alertes de son camp relevaient « d’éléments objectifs et de faits ».

Proféré dans l’hémicycle par ceux-là mêmes qui prétendent combattre la désinformation, ce déchaînement de fake news est aussi inacceptable qu’irresponsable. D’une part, cela participe au discrédit qui frappe la parole publique aux yeux des Français. D’autre part, avec plus de 430 000 nouveaux cas chaque année, le cancer est un sujet trop grave pour être livré à une telle instrumentalisation politique.

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