OGM : Serge Lepeltier approuve une décision qui n’a pas encore été prise !

A l’issue de la réunion du Conseil de l’Environnement qui s’est tenu à Luxembourg le 5 juin 2008, Jean-Louis Borloo a déclaré : « Nous avons présenté quatre propositions et à l’unanimité, nos partenaires ont accepté une réévaluation des expertises [sur les OGM] qui intègre une analyse des écosystèmes ». Il n’en a pas fallu davantage pour que l’ancien ministre de l’Environnement Serge Lepeltier déclare « approuver la décision européenne », qui « place la France à la pointe d’une véritable politique équilibrée sur les questions des OGM ». Ce dernier s’est félicité que « tous les pays européens auront les mêmes critères de décision » ; sous-entendu les critères adoptés par la France et non ceux de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Aesa).

A en croire la déclaration de Jean-Louis Borloo, les jeux sont faits. Pas si sûr, rétorque une source communautaire interrogée par A&E, qui précise que « rien n’a encore été décidé sinon que la question d’une amélioration des procédures d’homologation continue d’être examinée. M. Borloo a fait part de la contribution française, tandis que le Commissaire Stavros Dimas a décidé de la création d’un petit groupe d’experts qui pourraient transmettre quelques pistes de réflexion d’ici à la fin de l’année, lors d’une prochaine séance de la Commission Européenne ».

Le 10 mars dernier, l’actuel ministre de l’Environnement avait déjà annoncé urbi et orbi avoir obtenu une réévaluation des procédures d’homologation des OGM. (voir A&E https://www.agriculture-environnement.fr) « Tout est remis en cause, le sujet est en train de muter », avait-il joyeusement assuré à la presse, qui s’était largement fait l’écho des déclarations enthousiastes du ministre. En réalité, Jean-Louis Borloo avait simplement obtenu la possibilité de discuter lors du conseil de juin d’une possible amélioration du système d’évaluation. Comme l’indique le compte rendu de ce conseil, cet « échange de points de vue » a effectivement eu lieu. Ni plus ni moins.

Avant d’aboutir à « une remise à plat des procédures » – et à l’adoption des critères français par les autres membres de l’UE –, il y a donc encore un certain chemin…

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