Prise de conscience

edito gil riviere-wekstein
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Si le 57ème Salon international de l’Agriculture, qui devait se tenir du 22 février au 1 er mars, a dû fermer ses portes une journée plus tôt en raison de la crise du coronavirus, il n’en reste pas moins que l’édition 2020 a été placée sous le signe de l’apaisement. Il semble loin le temps où certaines ONG profitaient de cette occasion pour mener leurs détestables croisades anti-agriculture, comme en 2011, lorsque France Nature Environnement s’était lancée dans une campagne d’affichage comportant des visuels et slogans chocs sur les OGM, les pesticides et les algues vertes. Cette année, pas de perturbations de la part des militants vegans ou antipesticides. Ni aucune sortie de livre à charge sur l’agriculture. Bien au contraire, avec les ouvrages de Sylvie Brunel, Pourquoi les paysans vont sauver le monde, et d’Eddy Fougier, Malaise à la ferme, enquête sur l’agribashing, l’heure était plutôt au dialogue constructif avec pour musique de fond : « L’agribashing, ça suffit ! » Ainsi, de nombreuses émissions, tant sur le stand du Siècle Vert que de Village Semence, ont été l’occasion pour les uns et les autres de faire prendre conscience du rôle essentiel joué par l’agriculture française. Mais l’une des plus belles initiatives a sans aucun doute été celle de l’association #agridemain. Les visiteurs du Salon ont ainsi pu apprécier le meil- leur de la gastronomie française, issue des produits de nos terroirs, transformés par les chefs cuisiniers de l’association Euro-Toques France, créée il y a plus de trente-quatre ans par Paul Bocuse.

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Du côté des responsables politiques, certains n’ont pas hésité à donner de leur personne. C’est le cas du député LREM Jean-Baptiste Moreau, qui s’est félicité sur son compte Twitter d’avoir parcouru « plus de 60 km pour accompagner 14 ministres et réaliser 64 rendez-vous avec l’ensemble des filières agricoles & agroalimentaires ». D’autres, restés plus discrets, ont toutefois accepté de nombreux échanges, souvent à huis clos. Et là aussi, l’écoute était perceptible. Reste maintenant à traduire dans les actes toutes ces bonnes intentions.

La première étape consiste à réaliser qu’au-delà du phénomène d’agribashing, désormais reconnu de façon presque unanime, l’agriculture subit une véritable guerre de sape, qui vise à détruire notre modèle agricole. Et s’il est indispensable de construire un dialogue avec les consommateurs, il reste tout aussi nécessaire de neutraliser ces attaques répétées.

Ensuite, comme le révèle la crise du coronavirus, qui touche désormais le monde entier, le rôle incontournable de notre production alimentaire doit être pris au sérieux. Le président Emmanuel Macron a eu parfaitement raison de marteler, lors de son discours à la nation du 12 mars, que « déléguer notre alimentation est une folie ! ». L’indépendance de la France et de l’Europe exige que l’agriculture soit à nouveau considérée comme un secteur hautement stratégique, dont l’objectif est de nourrir tous les Français, et tous les Européens. Il s’agit donc, pour l’État comme pour les acteurs du monde agricole, de définir une véritable stratégie pour remettre du dynamisme dans nos filières, et pour laisser s’exprimer leurs potentiels. Dans le but, d’abord, de reconquérir les marchés français abandonnés au profit des importations, faute de compétitivité. Mais aussi pour consolider et promouvoir nos filières qui exportent.

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