Générations Futures assure la com' de Kudzu Science

actualités 12 | 03 | 2013

Générations Futures assure la com’ de Kudzu Science

Le laboratoire Kudzu Science est une petite entreprise privée pleine d’avenir ! Créé en 2010, il commercialise depuis avril 2011 une série de kits de détection de divers polluants à partir de prélèvements de cheveux. Dont un Kit Bilan Pesticides. « Tout est inclus dans votre kit Kudzu Pesticides : un support de prélèvement de cheveu, un mode d’emploi détaillé, une enveloppe retour prépayée, l’analyse des pesticides par le laboratoire et un rapport d ́analyse complet et personnalisé », peut-on lire sur la page d’accueil du site Kudzu Science. Pour la modique somme de 99 euros, Kudzu Science vous propose de mesurer la présence ou l’absence de plus de 20 pesticides dans votre organisme. Il vous fournit également « un rapport d ́analyse complet et personnalisé », enrichi de recommandations. Certaines sont plutôt cocasses. Afin d’améliorer la qualité de l’air intérieur des logements, Kudzu Science conseille ainsi « de fumer à l’extérieur et de garder les fenêtres fermées afin que la fumée ne rentre pas ».

Reçu en 2011 par la députée Nicole Bonnefoy et la sénatrice Sophie Primas dans le cadre de leur mission sur les pesticides, Vincent Peynet, le directeur de Kudzu Science, indiquait alors comptabiliser un petit millier de clients. « Surtout des particuliers », précisait-il. À 99 euros le kit et 300 euros l’analyse annuelle, on comprend l’importance d’augmenter rapidement son chiffre d’affaires, et donc de trouver de nouveaux clients... Vincent Peynet comptait sur le lancement d’une campagne soutenue par la Mutualité sociale agricole (MSA). Notamment grâce à un kit spécialement conçu pour les viticulteurs et prêt à l’emploi dès décembre 2011. Sauf qu’il n’a pas réussi à nouer des contacts.« Le milieu professionnel agricole semble avoir du mal à franchir le pas », déplore le directeur de Kudzu Science.

Le partenariat idéal

Qu’à cela ne tienne ! Vincent Peynet a trouvé un partenaire idéal en l’association Générations Futures, qui programme chaque année – soit à l’occasion du Salon de l’Agriculture, soit lors de sa désormais célèbre Semaine sans pesticides – la publication d’une « enquête » anxiogène sur les pesticides. Après « Menu toxique », sortie en deux volets en 2010 et 2011, voici aujourd’hui l’enquête APACHE, pour Analyse de Pesticides Agricoles dans les cheveux...

Le plan com’ est toujours le même : on organise une conférence de presse afin d’apporter à quelques journalistes sympathisants – et surtout pas trop regardants – une belle brochure tout en couleurs contenant quelques mots -clés (enquête, cancérigène possible, perturbateurs endocriniens, contamination, etc.). On y ajoute une histoire dramatique (cette fois-ci, il s’agit du cas de Marie-Lys Bibeyran, qui a « évolué dans le milieu ouvrier viticole » et dont le frère est décédé d’un cancer). Enfin, on mélange le tout avec une série de chiffres, censés démontrer le sérieux de ladite enquête, mais qui en réalité ne veulent rien dire.

Du « 100% sans nuance »

Le résultat de ce plan com’ est garanti « 100% sans nuance ». Une allégation qui fait titrer au quotidien d’information gratuit 20 Minutes « Santé : les viticulteurs et les voisins des vignes dangereusement exposés ». « La vue sur le vignoble : un rêve qui pourrait bien se transformer en cauchemar », écrit ainsi la journaliste Audrey Chauvet. « Des pesticides dans les cheveux des vignerons du Médoc : édifiant », annonce de son côté le journal en ligne Médiapart, tandis que Le Figaro titre « La santé des viticulteurs en danger ». Même La France Agricole, dont la rédaction connaît pourtant par cœur les grosses ficelles de François Veillerette, le patron de Générations Futures, ajoute sa pierre à l’édifice de propagande du militant anti-pesticidesen titrant « Les salariés viticoles particulièrement exposés (enquête) ».

Il est vrai que François Veillerette a parfaitement compris qu’une simple présentation sommaire et sans données chiffrées réelles et vérifiables suffit à faire le « buzz » médiatique. Le laboratoire Kudzu Science dispose- t-il d’une quelconque accréditation officielle ? Quels sont les dosages analysés et quels risques présentent les quantités retrouvées ? Pas la peine de chercher des réponses à ces questions élémentaires... elles ne figurent nulle part ! En outre, la méthodologie utilisée n’est pas détaillée, et la composition ridicule de l’échantillon invalide toute tentative de traitement statistique. « Les résultats contenus dans ce dossier n’ont pas de valeur statistique significative au regard du faible nombre d’échantillons analysés », admet d’ailleurs François Veillerette. Bien que cet avertissement figure en tête de son document, il est systématiquement oublié par les journalistes avant tout soucieux de faire monter l’adrénaline des lecteurs...

Générations Futures/MDRGF pesticides